Vendredi 9 mai 2008

Le cuir reçoit au cours de son vieillissement ; poussière, pollution atmosphérique, projection, dégradation chimique, épidermure de frottements et taches diverses sur sa surface.

 Le cuir des reliures, comme c’était la mode en cette fin du XVII° siècle, est recouvert d’une multitudes de petits points noir de projection que l’on nomme jaspure. Il s’agissait au départ vers l’an 1660, d’une méthode pour masquer les divers accidents ou irrégularités de la surface de la peau. Cela deviendra par la suite, un concept décoratif marquant précisément cette période historique. Cette méthode est adoptée jusqu’à 1720, elle est remplacée par les fameuses marbrures à l’éponge.

A l’aide d’une brosse à poils rigides et d’un grillage, le liquide coloré est projeté sur la surface du cuir extérieur. La composition de ce liquide est faite de sulfate de fer (Vitriol) et d’un résidu de noir de fumée. Le liquide ferreux sert de mordant pour fixer la suie.

Malheureusement, ce combiné chimique souffre de la pollution atmosphérique. Les émanations de dioxyde de souffre, présentes dans les zones urbaines au cours du XIX° siècle, associées au dégagement de fumée des systèmes de chauffage, riches en carbone, vont développées en milieu humide, une composition chimique acide. En effet, lorsque l’humidité relative atteint les 75% (lors d’inondation ou de forte humidité dans les lieux de stockage), le dioxyde de souffre + fer = Trioxyde de souffre se transforme en acide sulfurique.

Ce dernier additionné à l’oxygène de l’air, provoque une détérioration chimique sur la surface du cuir. Des petits craquements fissurent la surface de la peau, au point parfois, de provoquer des perforations profondes.

Les principes à retenir :

Bien maîtriser les quantités de produits, ne jamais mouiller le cuir, bien masser l’encollage afin que celui soit régulier sur la surface de la peau, telles sont les principes à retenir dans la procédure suivante.

La méthode :

A l’aide d’une éponge naturelle, humidifiée et essorée au maximum dans un linge, associée à un savon (BRECKNELL), le cuir est précisément nettoyé en surface. Les poussières superficielles sont récupérées sur l’éponge et un rinçage sec conclu l’opération de nettoyage. Déjà, ce premier travail, flatte la couleur du cuir. Les petites épidermures à chair visible s’estompent et les dorures à la feuille retrouvent leur claquant d’origine.

Pour améliorer la présence des craquelures de surface, ainsi que le manque de résistance mécanique du cuir, un réencollage de la surface de la peau est exécuté. On utilise un mélange de colle KLUCEL G (diluée à 25 % dans l’alcool éthylique). Cette onctuosité liquide, est recouverte sur le cuir et massée pour en faire pénétrer un faible pourcentage. Le surplus est éliminer au chiffon et l’ensemble est sécher rapidement sous une soufflerie à 55° C

On nourri le cuir avec une préparation issue d’une recette de cire dont la constitution m’a été fournie par l’un de mes confrères de l’atelier de restauration du British Muséum de Londres. On peut faire fabriquer cette cire par le pharmacien.

Sa composition est à base de Vaseline est de cire blanche d’abeille. L’absence de liquide mouillant (à base d’essence de Térébenthine) empêche de foncer la teinte du cuir ancien, comme c’est le cas des cires commercialisées en France à cet effet. Le cuir est enduit, sur sa surface de cette cire hydratante. La peau retrouve légèrement (tout du moins en visuel) sa souplesse. Quelques heures de repos pour la peau, sont nécessaires pour l’incorporation des produits avant de poursuivre les procédures suivantes.

Résultat obtenu :

* Le cuir est beaucoup plus lisse en surface.

* Sa couleur et la nature décorative de sa jaspure est plus visible.

* Sa résistance mécanique est améliorée.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par HEURTEBISE
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Vendredi 25 avril 2008

        Vous êtes l’heureux propriétaire de livres reliés en cuir que vous venez d’acquérir ou que vous souhaitez vendre. Vous vous demandez peut-être quel entretien exige le cuir ou comment lui redonner une belle apparence. Quelques conseils :
Car oui, le cuir, cette peau d’un animal qui n’est plus que poussière aujourd’hui, reste vivant des siècles après son emploi pour recouvrir les livres. Il a besoin d’être nourri et protégé des agressions (soleil, changements de température, d’hydrométrie, souris et rats, larves et insectes). Le cuir reste fragile, il peut se craqueler, se dessécher, se tâcher ou même brûler sous l’effet de produits acides. Il est conseillé de traiter ses livres tous les trois ans environ et de garder un œil attentif sur d’éventuelles altérations. Pour « soigner » le cuir des reliures, la plupart des libraires ont recours à trois produits dont voici les caractéristiques, les avantages et aussi les inconvénients.

1) Savon de sellerie à base de glycérine.

        C’est un savon prévu pour l’entretien des selles des chevaux. Il peut être employé sans danger pour le nettoyage et l’entretien sommaire des cuirs neufs ou anciens. Il a plusieurs avantages : il ne modifie pas la teinte du cuir, il est économique et nettoie bien le cuir. Ses inconvénients sont peu nombreux : il ne nourrit pas vraiment le cuir et n’a pas d’action fongicide. On se le procure facilement, soit dans la plupart des coopératives agricoles pour ceux qui habitent en milieu rural, soit dans les boutiques de sport disposant d’un rayon consacré à l’équitation pour les citadins. On préfèrera sa forme liquide (en bouteille) à sa forme solide. Liquide, le savon est déjà dissous et s’emploie sans adjonction d’eau, ce qui évite bien des erreurs de manipulation. On imbibe un tissu doux d’un peu de savon liquide et on nettoie délicatement l’ensemble de la couverture.

 2) La Cire 213.

       C’est un produit blanc et crémeux (qui peut se solidifier légèrement si le produit est vieux ou laissé à l’air libre) qui est spécialement prévu pour la rénovation et l’entretien des reliures en cuir. Fabriqué sous licence du CNRS, il est commercialisé par la Bibliothèque Nationale de France. Il cumule les avantages : il nourrit et hydrate le cuir, il a des propriétés fongicides (évite les moisissures) et insecticides (efficace sur les « poissons d’argent » mais reste inoffensif pour les vers), son Ph est neutre et il convient spécialement aux cuirs anciens. Son inconvénient principal est son coût : environ 7 euros les 50 ml (un pot permet de traiter une quarantaine d’ouvrages). Néanmoins, c’est le produit que l’on recommande. Il existe aussi une cire 212, teintée, mais elle est plus délicate à employer. La Cire 213 s’achète dans les magasins d’activités créatives, chez certains libraires en livres anciens ou directement en la commandant sur le site de la Bnf (editions.bnf.fr). On passe le produit à l’aide d’un chiffon doux afin de bien le faire pénétrer, sans forcer toutefois. Si l’ouvrage paraît un peu graisseux, cela n’est pas grave et plutôt que d’essuyer le surplus on le laissera pénétrer quelques heures. Le cuir absorbera ce dont il a besoin, le reste pourra alors être nettoyé. Cette cire peut aussi s’appliquer sur du vélin mais le séchage peut prendre plusieurs mois pendant lesquels il garde un aspect graisseux. (Attention ! Démarche délicate.) La Bnf propose un fichier pdf qui montre l’utilisation de cette cire : Entretien_cuir.pdf.

 3) La lotion du British Musuem.

       C’est la solution utilisée autrefois par nos amis d’outre-Manche pour protéger les reliures en cuir. Elle n’est pas commercialisée mais on peut la fabriquer en suivant la formule suivante : lanoline anhydride (200 g) + huile de cèdre (300 ml) + cire d'abeille (15 g.) + hexane ou éther de pétrole (300 ml). Son avantage est que le produit ne se contente pas d’avoir des qualités semblables à la cire 213, il donne en plus un aspect lustré aux reliures. C’est aussi son inconvénient : il peut tâcher durablement le cuir. Et ce n’est pas son seul inconvénient : les produits employés sont fortement toxiques, en particulier l’hexane qui oblige à porter un masque et des gants. De plus, le produit n’est pas meilleur marché que la cire 213 (on fait l’équivalent de 50 pots pour un budget de plus de 300 euros), les produits sont difficiles à se procurer autrement que par internet (fr.vwr.com par exemple) et leur emploi laisse une forte odeur au cuir à la différence de la cire 213. On l’utilise pour les reliures beaucoup trop abîmées pour réagir correctement à la cire 213. On applique le produit à l’aide d’un torchon, on laisse reposer cinq minutes environ puis on frotte délicatement le cuir avec un second torchon propre. Ce produit n’est pas aussi bien absorbé que la cire 213, le surplus doit être ôté.  

Certaines personnes, dont des libraires professionnels, utilisent la cire à chaussure, produit bon marché et facile d’accès, mais que l'on déconseille fortement car elle n’est pas prévue pour cet emploi. Elle a tendance à brûler le cuir délicat des vielles reliures et n’a pas les caractéristiques fongicides et insecticides des autres produits. Son emploi est à l’origine de bien des disputes entre libraires, certains arguant du fait que c’est un fabriquant de cire à chaussure qui fabrique la cire 213. Certes, mais ce n’est pas la même formule pour autant. Il faut aussi éviter tout nettoyage à l’eau des reliures anciennes : le cuir est très sensible à l’eau et peut se tâcher définitivement. Passer de la cire sur une tâche d’humidité récente ne fait qu’aggraver les dégâts en empêchant une possible évaporation de cette tache. De même, lorsque on oublie un livre relié dehors et qu’il se trouve exposé directement au soleil, on peut observer une rétractation impressionnante du cuir qui peut même se déchirer si les cartons sont trop épais pour s’incurver. Si cela vous arrive, ne vous précipitez pas pour traiter le cuir. Il faut laisser l’ouvrage reposer à l’ombre quelques heures, le temps que le cuir se détende à nouveau. Alors on peut, et on doit, le nourrir comme on donnerait des soins à une peau blessée par déshydratation.

 

 








































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Par HEURTEBISE - Publié dans : Coup de Coeur
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Vendredi 28 mars 2008

KINDLE IN THE WIND !

Après l’ordinateur portable, le téléphone mobile, le Palm Pilot, le Blackberry et le MP3, le géant Amazon nous propose un nouvel outil nomade : une bibliothèque numérique, baptisée « Kindle ». Lancé en novembre 2007 aux Etats Unis, ce livre électronique sans fil permet de télécharger en quelques minutes, des journaux, des magazines, des livres, et des pages blogs. Vendu au prix de 270 euros, l’appareil est connecté en permanence au réseau haut débit de l’opérateur américain Sprint. Le lecteur peut donc accéder, n’importe où et n’importe quand au Kindle Store, un catalogue référençant près de 88.000 livres proposés au tarif unitaire de 6,70 euros.

La mémoire de cet « e-book », hors carte mémoire vendue en supplément, peut stocker jusqu’à 200 titres de livres. (Et ce n’est qu’un début !) Le Kindle Store donne accès aussi à la presse quotidienne américaine en temps réel. Petit plus, un mini clavier permet d’annoter ses lectures et de prendre des notes.

Il n’est plus dans l’air du temps de supplanter le livre-objet. D’ailleurs Jeff Bezos (le Grand Patron d’Amazon) a déclaré dans le magazine Newsweek que le Kindle « n’est pas un appareil, mais un service ». Pour l’instant aucune date de commercialisation n’est avancée pour la France…

Vous pouvez sur le site internet Amazon.com, glaner d’autres renseignements techniques, voir une vidéo de démonstration, et les critiques de la presse américaine…

 

A ce sujet, François Baget, sera l’invité du Cercle Culturel Burgonde, le samedi 29 Mars 2008, et fera une conférence sur le thème :

« Le livre, quel avenir ? média et internet sont-ils contres les livres ? »

Pour tous renseignements :

C.C.B. - BP 30811 - 21008 - Dijon cedex - Tél : 06 68 87 78 52

HOTEL KYRIAD - 7 - 9 Rue du Docteur Albert Rémy - 21000 - Dijon - Tél : 03 80 53 10 10.

Conférence à 20 heures, suivie d’un dîner.

Par HEURTEBISE - Publié dans : Les Brèves
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